Mamie Fatou, la catcheuse de Kinshasa

"Mamie Fatou, la catcheuse de Kinshasa" est un roman jeunesse édité par Actes Sud Junior dans la collection Lecture solo .

Les illustrations sont de Thomas Baas.

Ce texte est né en 2019 dans le cadre du concours "Émergence" de La Charte des auteurs et des illustrateurs pour la jeunesse.

 

 

Roman jeunesse sorti en septembre 2021

aux Éditions Actes Sud Junior - Collection lecture solo (6-9 ans)


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Présentation à partir de la préparation de l'Interview de Radio France Internationale – Décembre 2021

Pourriez-vous décrire le duo d’aventuriers, Mina et Pablo ? Comment avez-vous pensé ces personnages ?
Mina et Pablo ont 8 ans et vivent dans la cité Les Lilas bleus. Ils se connaissent depuis la maternelle et sont inséparables. Mina est d’origine africaine. Elle est très débrouillarde, vive et entrepreneuse alors que Pablo est peureux et de nature
inquiète. Le duo forme les Minablos dont Mina est la cheffe de bande. C’est elle qui prend les décisions !
J’ai voulu créer un duo très différent mais complice, soudé et complémentaire. J’aime bien l’idée d’inverser les rôles établis fille-garçon : les filles craintives et réfléchies et les garçons bagarreurs et courageux. C’était déjà le cas dans mon roman jeunesse précédent Les bébés flingueurs.
Dans une autre vie, j’ai travaillé dix ans dans les écoles primaires comme moniteur de sport. J’aimais la spontanéité des enfants de 7-10 ans.  Décomplexés et prêts à tout pour lutter contres les injustices. Mina et Pablo ont été inspirés par tous les enfants que j’ai croisés mais aussi par mes trois enfants et leurs copains-copines.


Pourquoi avoir créer une histoire autour du catch à Kinshasa dans les années 70 ? C’est un sport qui avait du succès là-bas à cette époque ?
Cette histoire est née du concours de nouvelles Émergence 2019, de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse. Pour participer, il fallait que mon texte débute par la phrase Longtemps Fatou s’est couchée de bonne heure.
Fatou m’a fait penser à l’Afrique. Pour la notion de se coucher de bonne heure, j’ai pensé à un reportage que j’avais vu sur la boxe amateur où les organisateurs demandaient aux boxeurs de simuler un KO au milieu du combat et d’abandonner en se couchant sur le ring. En échange, ils recevaient un peu d’argent. En cherchant sur le web, j’ai découvert le magnifique travail du photographe belge Colin Delfosse réalisé dans la fin des années 2000 sur les catcheurs de Kinshasa. Le catch était très populaire dans les quartiers pauvres. Il permettait aux Congolais d’exister socialement… et de gagner un peu d’argent en plus de leur travail. Les rings de fortune étaient montés au coin des rues et des places et chaque combat était une fête colorée extraordinaire avec des fanfares, des défilés…
Colin Delfosse a obtenu plusieurs prix pour ces portraits incroyables de catcheurs et une exposition Les sorciers du ring et catcheurs congolais a été présentée dans de nombreux pays.
Ce sont ces photos qui ont inspiré mon histoire.


On répète souvent à Fatou Mboloko qu’elle n’est pas faîte pour gagner car c’est une fille. Elle finit ensuite par dédier sa victoire à toutes les femmes d’Afrique et du monde. C’était important pour vous d’amener cette dimension féministe dans votre livre ? Si oui pourquoi ?
Oui la dimension féministe est très importante pour moi. Je souhaite à travers mon histoire, passer, modestement, un message fort qui va même au-delà du féminisme.
Les hommes et les femmes sont égaux dans leur diversité. Ils sont complémentaires.
Tolérance, respect des différences, partage et bienveillance sont des notions essentielles que j’aime aborder dans mes histoires. Il y a aussi l’idée qu’il n’y a pas de fatalité. Qu’on est plus fort ensemble. Mina et Pablo sont en quelques sortes les anges gardiens de Mamie Fatou et leur audace lui permette de changer le cours deson histoire et d’aller au bout de ses rêves.